BIOGRAPHIE
de Leon SARNIKOFF
L’odyssée
sociale et solidaire d’un voleur de logiciels
Et ils ont vu arriver le chemin de fer. Ils descendaient en courant jusqu’au village par un petit chemin à travers les prairies pour voir ces monstres de bruits et de fumées. Et pris de passion, ils devinrent vite experts en locomobiles (sans oublier pour autant le rêve du mouvement perpétuel).
Après la mort de son frère, la tuberculose sévissant intensément à cette époque, mon grand père osa se rendre dans la « perfide Albion », jusqu’à Londres, pour en importer des locomobiles. Ces machines à vapeur servaient dans les travaux des champs. Son entreprise fut alors la plus prospère du village jusque au XXIe. Situé entre 2 mers
(250km), ce monde était paysan. Les voies navigables étaient les « autoroutes » de l’ époque. Aussi les locomobiles remontaient-elle les cours d’ eau à bord de barges.
Après le grand marché de la locomobile ce fut naturellement le marché de toutes les occasions, puisque l’entreprise autour de la gare pouvait prendre de l’extension.
Mais en cette fin de XXe siècle, l’entreprise disparut en même temps que le Franc. Dans les années 2000, ma soeur, Jeannette, héritière et conservatrice de la mémoire familiale, fut rackettée au retour de son parcours du Téléthon où elle avait déposé le chèque « mythique ». Unique célibataire parmi nous, (5 filles, 1 garçon,) c’est elle qui eut à s’occuper de notre père hémiplégique qui n’était que le gendre de René. Aussi avait-il « souffert le martyr » avant de devenir le patron.
Bousculé par son beau-père il en avait même perdu un doigt, l’auriculaire (seulement). Mon père et ma soeur vivaient dans le pavillon au beau milieu de l’entreprise, sous l’oeil bienveillant de son unique frère devenu patron. Mais à présent seule dans la maison dont elle avait hérité après le décès de notre père, elle avait été agressé devant sa porte par 4 voyous. Ligotée (avec du fil à linge) sur la table elle « lâcha le morceau » après avoir perdu elle aussi un bout de doigt. La crise d’apoplexie (hémorragie cérébrale) de mon père, avait conduit mon frère, Pierrot, unique enfant mâle (et jumeau de ma soeur Jeannette) à prendre les commandes. Mon frère, approchant à son tour du grand age, et sans héritier mâle, n’avait pas trouvé mieux que de vendre l’entreprise à un de ces entrepreneurs quittant l’Afrique (le cacao) après la dislocation des monnaies suite au passage à l’ Euro ∫(€ – Franc CFA). Ce repreneur avaient fait appel à des malfrats de la capitale régionale pour ce cambriolage. (Le trésor était dans la cave située sous le lit parental). Barbarin (nom du repreneur) et ses complices avaient eu le malheur de négocier des bons aux porteurs numérotés. La gendarmerie les avait repérés Normandie.
Barbarin écopa de 4 ans de prison. Ce fut le procès du siècle dans ce département. Et l’entreprise fut progressivement démantelée. Quelques lumières sur le contexte de l’époque: La succession à René (mon grand-père maternel) par son gendre Honoré (mon père).
Le notaire du village s’était chargé de trouver un bon mari pour sa fille aînée, Françoise-Marie de son « ami », René, (mon grand-père maternel) et aussi son bon client. Il avait eu 2 filles. L’entreprise après ce mariage eut alors un nom à 2 branches pour un bon bout de temps. Honoré, mon père était lui, fils d’un hôtelier de Paris.
L’hôtel avait été vendu car lui tuberculeux avait besoin de respirer le bon air de la campagne. Ils étaient 2 frères, et l’un était mort de la grippe espagnole. Le « fichier clients » de l’hôtel était aussi une « bonne affaire » pour l’ entreprise donc le mariage fut réussi.
Quelque lumières du côté de mon époux Aimé.
Le père de ma belle-mère Marthe, n’avait que la stature de tenancier de bar à Paris. A la fin du XIXe, ruiné, il avait eu à se refaire à Paris. Il avait perdu le « Bar de la terrasse », lieu d’exaltation « Ecoute maman!
Il ne fut pas coutume de fêter les anniversaires, mais cette date est importante pour moi. C’est la date à laquelle je teste l’eau du lac.
En effet certaines années il n’est pas nécessaire d’attendre le mois de mai pour se mettre à nager.
Tout ce que tu as raconté là, fut pour moi dans l’enfance une forme d’exotisme « charmant »: La pièce d’argent, et le trou de balle…
Enfant, je fus donc comme d’autres dans l’ « innocence ». Nous étions 4 enfants. Mon petit frère et moi nous avons joué ensemble. Nous avons laissé le frère aîné être le chef. Nous avons laissé notre soeur être la petite fille chérie de notre mère (4 ans de plus que le lot des garçons). Nous avons laissé notre père s’occuper de son « journal ». Et toi maman, comme toi j’ai laissé faire. (Enfin!… Comme moi, tu as fait ce que tu as pu).
Devenu « Grand ado » à la fin des 30 glorieuses la « charmante innocence » devint « histoire de famille ». Puis à la fin de l’industrie française je suis à mon tour rentré dans les « histoires », suite normale: 14-18, 39-45, puis la « guerre froide… ».
Ayant eu quand même un accessit en histoire en plus de mon 1er prix de dessin en CM2, je peux me complaire à visiter ce passé.
Donc ensuite j’ ai eu mes propres histoires: « Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir de l’enfer.” Antonin Artaud « Van Gogh ou le suicidé de la société ».
Et cette histoire a commencé le 13 novembre 2003».
